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Les Minions : autopsie d'un désastre annoncé

Ahhh les Minions, qui n'en a pas entendu parler ? Difficile de passer à côté de leur petite tête jaune depuis quelques mois et l'annonce du premier film qui leur est consacrés. Il faut dire que sa promo était certainement l'une des plus agressives ( et des plus coûteuses ) de ces dernières années. Le sujet est vaste, et les raisons de l'échec des Minions ( plutôt critique que public, au vu du succès retentissant du film au box-office ), nombreuses.


Secondaires ou principaux ?

Parce qu'il faut bien commencer quelque part, pourquoi ne pas discuter du rôle des Minions ? Les faire passer du rôle de personnages secondaires dans Moi, Moche et Méchant, à héros de leur propre film était-il vraiment une bonne idée ? La réponse est assurément non.

Profiter du succès plus que conséquent et vouloir exploiter jusqu'au bout leur potentiel est compréhensible, quoique, avec les limitations évidentes des personnages, peu judicieux si l'on veut une œuvre de qualité. Je ne suis pas le dernier à les trouver sympathiques voire drôles, mais leur consacrer un film d'une heure et demi ne les rend, à mon grand désarroi, que plus insupportable, et l'humour, qui ne change pas d'un iota par rapport à ce qu'on connait d'eux, est redondant.

Essayez de ne pas les frapper.

Trois c'est deux de trop

3. C'est le nombre de bande-annonces consacrées au film qui sont sorties, étalées sur une période de plusieurs mois. Chacune d'elle totalise plusieurs millions de vues sur Youtube. Impossible de passer à côté et de ne pas les voir. Impossible donc d'éviter que nous soit dévoilé la quasi-totalité du déroulement du film. A part quelques bonnes idées qui se comptent sur les doigts de la main, les surprises sont quasiment absentes, et l’œuvre ne nous propose guère plus que ce que les trailers promettaient.


Du marketing en veux-tu en voilà

Je l'ai déjà dit plus haut, mais le marketing des Minions est sans comparaison possible, l'un des plus agressifs de ces dernières années. Si encore il n'y avait eu que les bandes-annonces. Mais quid des produits dérivés, fer de lance de l'industrie cinématographique actuelle ? Ne dites rien, je sais que vous connaissez déjà la réponse. Des mois avant la sortie du film les têtes de Stuart, Kevin et Bob, protagonistes principaux, étaient partout.
Et pas seulement dans les magasins de jouets. On a pu voir, entre autres, des articles de plage, des tasses, des pansements, des t-shirts, ou encore des raclettes lave-glace minions (véridique), et en se promenant à Los Angeles, on peut même tomber sur un cinéma entièrement re-décoré. Vouloir sortir de chez soi sans croiser une de ces têtes jaunes devient alors un véritable parcours du combattant.


Le semi-échec (il faut bien relativiser) du film ne s'explique pas seulement par sa qualité médiocre, mais plutôt par sa promotion et pour toutes les raisons citées plus haut. L'équipe marketing (sans aucun doute aidée par plusieurs centaines de milliers de dollars), a réussi l'exploit, des mois avant même la sortie, à abrutir le public à coups de campagnes intrusives, invasives et nombreuses.
L'attente créée n'en était que plus grande, et le public a (semble t-il) était globalement déçu du manque cruel de surprises et de nouveautés par rapport a ce qui était annoncé.

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