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Pourquoi Kick-Ass des gueules ?

Plusieurs années après avoir atteint la célébrité grâce à un film devenu culte, Kick Ass, l'un des premiers "vrais" super-héros, revient. Mais qui aura les épaules pour endosser le costume ?

A cette question, qui constitue pourtant l'un des arguments de vente si l'on en croit la 4ème de couverture, il faut attendre bien peu longtemps pour obtenir la réponse. C'est bien dès la seconde page que la révélation intervient (si, comme moi, vous n'avez pas vu les planches de promotion). Le visage de notre nouveau protagoniste dévoilé, on enchaîne rapidement avec quelques flash-backs qui permettent de comprendre d'où elle tire ses motivations et ses aptitudes au combat.
Contrairement à bon nombre d'origin stories, Mark Millar ne tombe pas dans l'écueil qui consisterait à raconter en détails et en longueur ce qui amène l’héroïne à endosser le costume, et parvient à nous donner le juste nombre d'informations.

Renouvellement assuré ?

Un scénario écrit par Mark Millar, c'est l'assurance de situations qui, s'ils ne sont pas toujours fines, bénéficient toujours du support de dialogues forts et de personnages profonds et captivants.
Même si ce nouveau Kick Ass est largement différent de son prédécesseur et que le récit parvient à se démarquer, on ne peut s'empêcher parfois d'avoir une légère sensation de déjà-vu. C'est surtout le cas au niveau des vilains, archétypes classiques que ce soit dans leur design, leurs motivations ou leur personnalité.
Sous sa plume, on retrouve bon nombre de petites réflexions sur les super-héros, leur sens du devoir, la moralité ou les manières (violentes ou non), d'arriver à leurs fins.
Le récit s'enchaine bien, et on prend plaisir à observer ce nouveau anti-héros, à certains égards bien plus passionnant que Dave Lizewski.

 

"Mdr qui a fait ça ?"

Cet intertitre s'inspire t-il de la pire réplique connue d'internet ? Oui. Mais il décrit assez justement ma réaction face aux planches de John Romita Jr.
Il faut dire que je pars de loin. Honnêtement ? Je n'ai jamais réussi à apprécier son style. Ce que certains reconnaissent comme ses qualités (un dessin dynamique, adapté aux scènes d'action très graphiques), est précisément ce que je lui reproche. Pour moi, c'est tout simplement un entrelacs incompréhensible de traits.
Ce tome 1 ne me fera pas changer d'avis, la faute à des planches bien trop inégales et à un encrage incohérent. S'il est correct dans les premières pages, il devient passable vers le milieu de l'album puis carrément insupportable dans les dernières pages. Les artistes qui se succèdent manquaient-il de temps ? L'encrage a t-il été réalisé deux minutes avant l'impression ? Aucune idée, mais c'est parfois un massacre pour les yeux.

"C'est quoi votre nom ?"

Le dernier acte est un déchainement de violence pure. On s’accroche comme on peut à la couverture, conscient des enjeux, tournant les pages fébrilement pour suivre l'action. Le scénario est saisissant, et on en oublierait presque l'encrage qui pique la rétine.
Même s'il faut pointer du doigt les erreurs graphiques, il serait de mauvaise foi de ne pas reconnaitre le plaisir que l'on prend à suivre cette nouvelle Kick Ass et ses évolutions tout au long de ce premier tome. Avec sa fin imprévisible, la suite s'annonce sous les meilleurs augures.
Espérons que d'ici là, les quatre artistes-encreurs seront remplacés par... un seul.

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