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A Chicken in Space (Critique - Black Mirror S04E01)

Plusieurs mois après tout le monde, et une fois la hype retombée, j'ai enfin commencé le visionnage de la quatrième saison de Black Mirror. J'étais assez intrigué par ce premier épisode qui semblait tendre vers le space opera, soit un style bien différent de ce que à quoi la série nous avait habitué. Ce chantage radical est-il une réussite ? Pour être franc, je reste assez mitigé. Et nous allons voir pourquoi en détail
Attention cependant : je vais spoiler les grandes lignes de l'épisode, ainsi que certains éléments phares de l'intrigue.

Jonathan Prime / Netflix

"Welcome on board lieutenant Cole"

J'avoue avoir été refroidi dès les premiers instants de l'épisode. Je n'ai rien contre des œuvres qui joue pleinement la carte de la nostalgie, mais je m'attendais pas à ça en lançant un épisode de Black Mirror. On se retrouve face à un format en 4/3, des couleurs tapes à l’œil, de la bonne humeur et des effets sonores et visuels tout droits sortis des années 80. Jusque là, tout semble aller pour le mieux.

Transition.

Nous sommes dans un ascenseur avec Daly, personnage principal et capitaine du U.S.S. Callister. Rien à voir avec tout l'univers auquel on nous avait introduit dans les trailers. Sur ce point, on peut dire que Netflix a bien caché son jeu, puisque rien ne nous laissait penser que l'on retrouverait les aspects classiques de la série : réalisation sobre, couleurs froides, ambiance sonore oppressante, avec des personnages évoluant dans un monde où, comme à l'habitude, la technologie a fait un grand pas en avant.

On découvre petit à petit que non content d'être un codeur de génie et créateur d'une sorte de jeu vidéo/interface virtuelle (peu d'infos sont donnés sur son fonctionnement), Daly possède aussi sa propre version hors-ligne, dans lequel il est capitaine de ce fameux vaisseau. Et là, l'ambiance joyeuse et bon enfant à laquelle on s'attendait s'effondre. Si, au quotidien et au bureau Daly est maladroit, peu sociable et qu'il se fait marcher dessus par son patron, dans l'univers qu'il a créé, il est le maître tout puissant. Il maltraite, torture ou agresse sexuellement ses coéquipiers(ères), qui vivent un véritable cauchemar.

Plus on l'en apprend sur ce jeu, plus l'on se sent dérangé. Et pour cause : sans trop d'explications, on nous balance à la figure que Daly peut, grâce à un fragment d'ADN récupéré dans la vie réelle, créer une copie numérique de la personne pour l'intégrer virtuellement à son univers. Elle possède alors une véritable conscience d'elle même ainsi qu'avec tous ses souvenirs, connaissances, etc...

Dès lors, Cole, la nouvelle recrue (une collègue de bureau de Daly fraîchement arrivée), va tenter, avec les autres membres d'équipage prisonniers du jeu depuis des années, d'échapper à son emprise.


"Crew, we have a new member of the team"

Rien ne sonne faux dans l'univers qui nous est dépeint ici. Les décors restent assez minimalistes (que ce soit dans la réalité ou dans le monde virtuel), mais sont toujours propres et convaincants. Les effets visuels en font de même. Néanmoins, je suis resté sur ma faim. J'ai l'impression qu'il manque quelque chose à cette épisode qui manque de saveur.

Je n'ai pas noté de faux pas au niveau de l'écriture, mais après une courte réflexion, j'ai réussi à mettre le doigt sur ce qui m'avait dérangé : je n'étais pas investi et je ne ressentais aucune émotion pour les personnages. Paradoxal, quand on sait qu'il s'agit normalement là de l'une des grandes forces de Black Mirror.... On peut voir vaguement une tentative de réflexion sur l'éthique liée au clonage, mais la totalité des personnages principaux (excepté Daly, dont la mort laisse indifférent), sont justement de simples copies numériques.... Dès lors, difficile d'avoir peur pour eux.

Un autre point assez dommageable est le peu d'informations que l'on nous offre concernant à la fois Infinity (le fameux jeu dont Daly est à l'origine) ou même les personnages.... L'épisode reste dans un flou constant, et lorsque le générique apparaît à l'écran on a l'impression que tout a été trop vite, et d'avoir simplement effleuré toutes les possibilités scénaristiques qui étaient pourtant offertes.

"Cheers for Captain Daly !"

U.S.S. Callister n'est donc pas mauvais, en cela qu'il est inhabituel et parvient à surprendre les spectateurs durant les premières minutes. Mais une fois celles-ci passées, l'ennui s'installe. En définitif, on ne gardera pas un souvenir intense ou marquant de cet épisode, qui sera (je l'espère), supplanté niveau qualité par la suite de cette saison.

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